Aujourd’hui, par la magie de l’administration thaïlandaise (immigration), je me vois forcé de quitter le pays et d’y revenir afin de renouveler mon visa.

Après mon escapade d’Août avec Estelle à Yangun et en Birmanie (voir images), mon choix s’est porté sur le Vietnam pour une journée à Saigon!

Réveil aux aurores – me donnant l’occasion de voir un beau lever de soleil sur l’aéroport de Bangkok – et vol paisible en direction du Vietnam.

Première étape: obtenir un visa d’entrée
Le préposé me demande mon adresse au Vietnam, je n’en ai pas puisque je rentre ce soir, mai il veut une adresse. Finalement mon adresse sera “leaving same day”… et ça passe!

En attendant qu’on m’appelle pour obtenir le précieux sésame, je change quelques Bahts thaïlandais et me retrouve millionnaire dans la seconde: 1’200’000 VND (Vietnamese Dong).

1'200'000 VND

1’200’000 VND

L’approche au dessus du delta du Mékong étant superbe et m’a donné envie de survoler la région dans un petit avion, voilà qui serait un joli programme! Las, l’aviation générale n’étant pas populaire dans le pays, il me faut vite déchanter et me rabattre sur une visite traditionnelle de la ville.

Le delta du Mekong

Le delta du Mekong

Donc, à 10:30, après avoir négocié avec le chauffeur de taxi et avoir payé malgré tout un prix exhorbitant, je foule le sol d’Ho Chi Minh Ville rebaptisée en 1975 en l’honneur du fameux dirigeant révolutionnaire Viet-Cong.

Que faire dans une ville de cette taille alors que je n’y séjournerai qu’environ 12 heures ?

La première impression, en comparaison avec Bangkok, c’est que Saigon est une ville à taille plus humaine (bien que peuplée de 8’000’000 h). Elle a une riche histoire qui est écrite dans les bâtiments, une histoire coloniale notamment. Beaucoup de constructions au style d’époque, une cathédrale et une skyline moins imposante que la Capitale des Anges.

Le premier STOP sera au centre pour visiter La Poste de Saigon, bel édifice colonial à la charpente métallique signée Gustave Eiffel, datant de 1890 et construit par La Poste française du temps où le Vietnam était l’Indochine (ou la Cochinchine, je ne sais plus). Le bâtiment est très bien conservé et jouxte la cathédrale… et un MacDo (on se demande qui aurait finalement gagné la guerre?).

La Cathédrale Notre Dame de Saigon, qui date de la même époque, n’est malheureusement pas visitable car elle est en rénovation. Mais c’est tout de même surprenant de voir cet édifice en briques rouges de style très européen au milieu d’une ville d’Asie.

Prudent par rapport aux taxis, je vérifie si Grab est disponible (oui!) et me fait conduire au Musée du souvenir de la guerre pour 90ct. Je veux en apprendre plus sur cette guerre qui a dur 17 ans et mieux comprendre ce qui s’est passé. Bien-sûr, il s’agira du point de vue officiel des autorités vietnamiennes sur la guerre du Vietnam.

L’extérieur présente des trophées de guerre et reliques militaires de l’ennemi (avions, hélicoptères, bombes explosées ou non dont une de plus de 3m de long!).

L’intérieur,  essentiellement sous la forme d’un musée photographique, retrace de manière impressionnante le cours de la guerre du Vietnam. Plusieurs salles présentent divers aspects des agissements US. Je sais que les Viet-Cong n’étaient pas des anges, mais les photos présentées (souvent signées par des occidentaux), sont édifiantes. Il y a naturellement la fameuse photo de la jeune Pham Thi Kim Phúc, 9 ans, fuyant nue et brulée les bombardements au napalm de l’aviation US (voir cette vidéo)

N’espérons cependant pas trouver de mention des agissements du Front national de libération du Sud Viêt Nam ou de la République Populaire du Nord Vietnam, comme le massacre de 3000 intellectuels et sympathisants de la République du Vietnam à Hue en 1968 lors de la fameuse offensive du Têt! Celle-ci est d’ailleurs présentée comme un acte de guerre particulièrement astucieux des Viet-Cong.

Il n’en demeure pas moins que ce fût le tournant de la guerre.

Dans les salles du souvenir, on y voit exclusivement des exactions US ou des Sud-Vietnamiens, des suppliciés entourés de GIs, un prisonnier précipité d’un hélico, un soldat boutant le feu à une maison paysanne, une reconstitution d’une prison… DEACH ou El Hassad et d’autres n’ont rien inventés. La question qui m’à hantée durant cette visite, c’est de savoir ce qui s’est passé dans la tête de Kennedy, ou Mac Namara puis Johnson pour se mettre dans un tel bourbier. Comment ont-ils gérés leur conscience lorsqu’ils décidaient l’emploi d’armes comme le napalm, les bombes au Phosphore ou le fameux agent orange (fabriqué par Dow ou Monsanto).

Une pièce y est d’ailleurs consacrée et l’on voit aux actualités américaines des escadrilles d’avions qui pulvérisent ce poison sur les forêts, les mangroves, les villages. Plusieurs centaines de milliers de soldats US et alliés (Nouvelle Zélande, Australie, Thaïlande…) ont aussi été empoisonnés. La salle présente les photos des déformations subies par les personnes nées après ces épandages! Un véritable musée des horreurs.

Une anecdote intéressante est la série de photos où l’on voit un lieutenant Bob Kerry, à la tête d’un commando ayant anéanti un village entier et l’ensemble des ses habitants (y compris femmes, enfants, vieillards)… Bob Kerry est devenu sénateur…puis recteur de la nouvelle université américaine de Saigon !

Les Etats-Unis ont envoyé 8 millions d’hommes (16 durant la seconde guerre mondiale) durant 17 ans et 2 mois. Ils ont déversé 14’300’000 tonnes de bombes (contra à peine 5 millions durant WW2) pour la bagatelle de 676 milliards US$ ! C’est clair que Boeing et autres MC-Donnel Douglas ont du se frotter les mains.

Petite comparaison des guerres livrées par les USA

Petite comparaison des guerres livrées par les USA (Il en manque!)

Après la visite, tout de même un peu ébranlé et songeur, je me dirige vers les rives du Mekong, une bonne soupe vietnamienne – mangée avec des baguettes – et une bière me feront revenir au temps présent.

Sur le trajet, je me rends compte que le souvenir de Lenin est toujours présent, le point levé – par contre j’ignore l’objet du slogan!

L’après-midi touche à sa fin, l’orage menace, il est temps de prendre une bière sur les quais, de déguster en vitesse une seiche grillée et de me diriger vers l’aéroport.

Le vol de retour sera magique, nous traversons un gros orage et, par le hublot, on voit l’aile et les traînées de pluie s’illuminer à chaque éclair. Malheureusement mon appareil est dans le casier à bagages, hors de portée alors que le signal de ceinture de sécurité est allumé et l’avion plongé dans la nuit. Je ne pourrais pas immortaliser l’instant, mais c’était extraordinaire.

Au moment d’atterrir, le survol de Bangkok est toujours impressionnant tant la ville est étendue !
Il ne me reste plus qu’à passer l’immigration et me voici tamponné pour 2 mois de plus dans le pays.

La prochaine fois, on essayera le Laos, pourquoi pas.

Ciao, et bonnes semaines.